Femme déprimée (crédit: http://www.143.ch/Fotos/Fotos-GespraechsThemen/Depression)

Depuis que j'ai choisi un chemin de vie personnel fondé sur la spiritualité, qui est complètement différent de celui de la famille, des amis, du milieu et de la société dans laquelle je suis né et j'ai grandi, je me sens souvent comme un looser. C'est un sentiment terriblement douloureux de me sentir comme une "merde pourrie", qui n'a aucune valeur aux yeux du monde, qui n'est même pas digne d'être aimé de quiconque.

Quand je rencontre mes collègues le matin, et ils me demandent comment je vais, j'ai parfois envie de dire : "mal, très mal", et c'est ce que je dis, quand la question est sincère, ce qui n'est pas courant, parce que je me sens vraiment en peine. Je me sens très mal au niveau émotionnel de ressentir que je suis "nul", seul, pas aimé, et j'ai peur de l'incertitude du futur. Peu importe si c'est vrai ou pas, c'est ce que je ressens à ce moment. Je ne le ressens pas tout le temps, mais à certains moments, quand la peur m'envahit et prend le contrôle de ma vie, souvent le matin, au réveil. Et bien-sûr, si je fais l'amour le matin, prends une douche bien chaude, boit un thé ou un café, fume une cigarette, et engage ensuite toutes sortes d'activités dans ma journée, je ne vais plus le ressentir. Mais, ce sentiment de vide intérieur sera toujours présent, en moi, peu importe ce que j'ai fait, simplement, je n'y serai pas sensible, je l'ignorerais, je l'éviterais. Personnellement, j'évite au maximum d'engager ces activités addictives, et quand je le fais, j'en ressens la douleur supplémentaire de l'évitement, du choix addictif. Je sais que c'est une fuite, que cela mène à encore plus de douleur. Et qu'un jour, il faudra bien y faire face et ressentir les racines de ce mal-être, pour m'en guérir une fois pour toute, pour pouvoir répondre "je me sens heureux" quand je me sentirai vraiment en joie à l'intérieur de moi.

Il est possible de passer sa vie entière à engager des activités addictives à chaque fois que ce type d'émotions émerge, mais cela mène à la destruction émotionnelle et physique, à la mort. C'est ce que la plupart des gens font au cours de leur vie, sans s'en rendre compte. C'est terriblement triste et destructeur, cette attitude encouragée, à gérer ses émotions, à accueillir les émotions joyeuses et ignorer celles douloureuses. C'est le monde oppresseur et destructeur dans lequel la plupart des nouveau-nés de la planète terre, ultra purs et sensibles, naissent. C'est littéralement la source de ce qui entraîne la destruction de notre monde, à commencer par soi-même, puis les autres et l'environnement : l'industrie polluante de l'énergie, de l'agro-alimentaire, l'industrie pharmaceutique, l'industrie de l'argent, le monde des assurances, les avocats et procès, l'appauvrissement des pays pauvres, l'industrie du sexe, les relations addictives et sans amour qui mènent aux disputes et séparations, le meurtre chaque année de 200 millions d'enfants par avortement volontaires et fausses couches (1), les guerres, la violence, le mensonge, la colère, la jalousie etc.  Nous sommes prêts à tout pour éviter de ressentir notre impuissance, pour ne pas perdre la face, pour ne pas nous sentir misérable.

Un looser à mes yeux

Je suis un looser aux yeux de la société car j'ai abandonné son jeu, la voie qui mène au "succès" extérieur, à la reconnaissance, à l'admiration du monde. Or, ceci n'est pas un problème en soi, cela n'est pas la cause de mon mal être. Le problème est que je le crois aussi, à beaucoup de niveaux. Je crois que le monde a raison. Je le croyais depuis tout petit. Si je ne le croyais plus, et qu'en moi, je sentais ma vraie valeur personnelle, la vérité que Dieu ressent que j'ai une grande valeur comme tout le monde, cela n'affecterait pas mon bonheur intérieur. Mais ce n'est clairement pas le cas. J'en prends conscience seulement maintenant. Le problème est que je crois la même chose que le monde, que je n'ai pas de valeur pour lui en poursuivant un chemin différent, que je ne crée pas assez de valeur ajoutée au niveau matériel. Je commence seulement à ressentir mon erreur. Il y a une montagne de peurs et de blessures de mon enfance en-dessous de ce sentiment. L'autre jour, un de mes collègues de formation me demandait de quoi j'avais peur, et je lui ai partagé quelques peurs générales qui venaient à mon esprit, peur du jugement, du rejet, de l'échec. Je n'arrivais pas, à cet instant, à être humble aux centaines de peurs spécifiques en moi.

Ce sujet m'occupe chaque jour de ma vie, tant j'estime qu'il est important, et il vient en priorité de tout le reste, avec ma relation avec Dieu. Dans les relations professionnelles et affectives, je mets, hélas, souvent les autres, bien avant moi, et j'oublie souvent Dieu. C'est ce que j'ai appris, mon conditionnement. C'est pour cela que j'essaye de me ménager le maximum de temps libre sans agenda pré-établi. Quand mes collègues me demandent, tu fais quoi ce WE? Souvent, je n'ai pas de plan ou réponse toute faite. Je suis décalé par rapport au monde. Je suis mes désirs de l'instant, en sachant que la meilleure priorité c'est :

  1. Dieu
  2. Soi-même, y compris son âme jumelle
  3. Les autres
  4. L'environnement

Donc, je n'engage plus les activités sociales et mondaines (sorties, dîners, sports...) qui sont juste des distractions.  Quant à l'amour des autres - qui n'a rien à voir avec "le sacrifice de soi au profit de l'autre" que la société définit comme de l'amour -, il ne vient qu'en 3ème position dans les priorités de ma vie intime. Le problème est qu'on ne peut pas vraiment aimer les autres, si on ne sait pas comment aimer tout court, à commencer par soi-même. Or, seul Dieu sait comment aimer de manière pure, d'où l'importance de Le mettre en priorité nr. 1, de Le placer comme notre enseignant principal. S'aimer, c'est découvrir, engager et affiner en amour nos désirs et passions d'âme. C'est ressentir toutes nos émotions, tant joyeuses que douloureuses. C'est une activité très importante, de passer du temps à se découvrir soi-même en engageant de nouvelles activités, pour apprendre à s'épanouir et à s'aimer tel qu'on est vraiment, tel que Dieu nous a créé, avec nos propres caractéristiques et personnalité d'âme.

Homme déprimé (crédit: Pixabay.com)

Quand je m'ouvre émotionnellement à ce mal être "de me sentir nul", et que je suis humble, Dieu me montre, par Sa Loi d'Attraction (2), situation après situation, ce qui me fait peur. En moins d'une heure, je peux ressentir des dizaines de peurs que j'essaye d'éviter tous les jours de ma vie. C'est la petite musique d'auto-destruction en soi, les choses que l'on se dit tout seul, les attaques personnelles, que les attaques extérieures reflètent. En voici quelques-unes qui me concernent, à titre d'exemple (la manière de les exprimer - les émotions de l'enfance étant liées aux mots spécifiques - est importante et unique à chaque personne) :

  • pas capable de faire une chose convenablement
  • pas capable de ne pas renverser
  • pas capable de ne pas salir
  • je suis un cochon
  • pas capable de ne pas me salir
  • peur d'arriver en retard
  • peur de na pas aller assez vite
  • je suis paresseux
  • peur de ne pas y arriver
  • peur de ne pas être assez fort (c'est trop dur, lourd...)
  • peur de ne pas comprendre
  • je suis stupide
  • peur d'être moqué, humilié en public
  • peur de manquer (à manger, d'argent)
  • peur de me sentir rejeté
  • peur de déranger
  • peur de prendre trop de place

C'est juste une petite liste parmi des centaines de peurs (des pages et des pages) qui participent à chaque instant à mon mal-être intérieur. Nous en avons tous des centaines et des centaines qui sont spécifiques à notre enfance et personnalité. Seulement les techniques d'évitement sont diverses, soit en se mettant en-dessous des autres, soit en mettant au-dessus des autres, pour oublier le mal, et rechercher la reconnaissance du monde.

La source de ce mal-être se trouve dans ma petite enfance, ce manque de confiance en mes capacités personnelles, cette faible estime de ma valeur. Certaines personnes ont grandi en étant aimées et valorisées, et elles ont une bonne estime d'elles-même. Mais c'est très très rare. La plupart du temps, peu importe les apparences, nous vivons dans le déni de ces émotions très douloureuses. Or, le déni de soi-même conduit à la dépression, un jour ou l'autre. Personnellement, si je continuais dans cette voie à 40 ans, cela m'aurait sans doute mener rapidement à un grave accident, une grave maladie cardio-vasculaire, le cancer et la mort. D'une certaine manière, je suis heureux que j'ai commencé à être sincère à 40 ans sur ma douleur, et pas dans 500 ou 1000 ou 10000 ans comme c'est souvent le cas. Mieux vaut être looser dans une société malade, que malade avec la société !

femme reliée (crédit Pixabay.com)

Un looser aux yeux de Dieu ?

Mais que pense Dieu du looser ? Cela ne fait qu'un peu plus d'un an que j'ai appris que chaque croyance en erreur en nous, par rapport à la vérité de Dieu, crée de la douleur en nous. J'entends par là de la douleur :

1) spirituelle : manque d'amour de Dieu, soi, des autres et de l'environnement,

2) émotionnelle : sentiment douloureux, absence de joie, apathie, et à terme, dépression,

3) physique : quand on la retient longtemps la douleur en soi, nous créons des accidents, des maladies graves, notre mort 

Je commence seulement à le comprendre intérieurement, dans mon expérience personnelle de l'engagement du dialogue avec ma conscience lorsque je désire parler à Dieu, en m'autorisant à ressentir de ce que je ressens au cours de cette discussion. J'ai appris de Jésus et Mary (AJ Mille et Mary Luck), que notre conscience (3) est la technologie inventée par Dieu pour lui permettre d'avoir une relation permanente, un dialogue direct avec chacun de Ses enfants, s'il le désire, s'il souhaite connaître Dieu et se connaître tel que Dieu le voit. Pour illustrer un exemple d'une croyance en erreur douloureuse, quand je demande l'avis de Dieu au sujet de ma valeur, si je suis un looser à Ses yeux, je ressens la douleur du mensonge au sujet de ma vraie valeur à Ses yeux. Il me chérit vraiment comme la chose qui a le plus de valeur de l'univers à Ses yeux, comme tous mes frères et soeurs humains. C'est le fait de croire au mensonge de mon enfance, que je ne vaux rien par moi-même, comme si c'était une vérité, qui maintient la douleur. Le ressentir comme une erreur, est ce qui nous guérit. 

Alors, si je ne suis pas un looser aux yeux de Dieu, c'est que ma définition de looser, qui est celle la société, n'est pas correcte. C'est juste un manque d'amour. Donc, il vaut mieux être looser aux yeux du monde, quitte à se sentir vraiment malheureux pendant une petite période de transition, et finalement devenir vraiment heureux, que de s'accorder avec un monde malheureux en essayant de préserver des apparences de bonheur, qui n'est est pas un, et d'avoir le mal qui  nous ronge à petit feu jusqu'à l'apathie, la dépression et la mort.

Joie des enfants (Crédit : Pixabay.com)

La seule vraie guérison, le vrai bonheur

Donc, la seule vraie guérison définitive de la souffrance passe par découvrir, accueillir nos émotions douloureuses, comme la colère et la peur, et nous permettre de les ressentir, pour les libérer de notre âme. A partir de cet instant, elles ne nous affecteront plus jamais. C'est un processus très efficace, très simple, mais très difficile à mettre en pratique par soi-même, surtout au départ. Car il va à l'encontre de tout ce que l'on a appris, de tout ce que l'on croit, et de tout ce que que tout le monde autour de nous croit et encourage.

Dès lors, même si ce n'est pas indispensable, c'est beaucoup plus facile de le faire avec l'aide de Dieu, par la connexion à notre conscience, et le désir de connaître la vérité de Dieu sur chaque sujet. On peut alors, en même temps, demander à Dieu la vérité sur chaque sujet, et se permettre de ressentir les émotions qui émergent; le chagrin et le douleur. Et on peut aussi recevoir l'Amour de Dieu qui transforme l'âme humaine en une âme Divine(4) vers un développement infini. Malheureusement, dans nos pays, beaucoup de gens ne croient pas en Dieu, et très peu écoutent Dieu par leur conscience. Cela rend le chemin de guérison beaucoup plus difficile, et aussi plus long et pénible.

La plupart du temps, sur les questions d'estime de soi, Dieu n'a pas du tout le même avis que la société. Dieu pense qu'on a juste des émotions en erreur de notre enfance, et qu'on peut les libérer pour être vraiment heureux. Et qu'on est pas obligé de le faire, mais qu'on prolonge alors notre malheur par notre propre choix.

Quand on permet à ces émotions douloureuses d'émerger, et qu'on les ressent, alors, ces émotions quittent naturellement notre âme, et la guérison opère sur le sujet spécifique. Ensuite, on continue le processus, de découverte, de ressenti, jusqu'à épuiser la liste. Alors la joie pourra être permanente, vraie, sincère : ressentir vraiment notre valeur aux yeux de Dieu, sans paraître, peu importe ce qu'on fait, et peu importe l'avis du monde à ce sujet.

La beauté du processus, est qu'il y a de moins en moins de bagage douloureux puisqu'on libère de plus en plus d'émotions douloureuses, et que les émotions joyeuses restent, et prennent plus de place. La sincérité d'être soi-même, peu importe le ressenti, donne beaucoup de joie, du fait que le bonheur intérieur n'est pas affecté par l'avis des autres. C'est la vraie liberté d'être.

C'est tout le bien que je souhaite pour tout le monde.

Pierre Joseph,

 

(1) Pour plus d'info sur l'avortement, https://www.youtube.com/watch?v=xrUe6kJEndo&t=39s

(2) Jésus, "La Loi d'Attraction" (en anglais) https://www.youtube.com/watch?v=fTfpo-nMauE;

(3) Jésus et Mary, 21 séances sur la conscience au cours d'une discussion thématique sur la Repentance et la Pardon, débutant à la vidéos 21 et terminant à la vidéo 1 (en anglais) : https://www.youtube.com/watch?v=x1RIl53w4Ko&list=PL4VN7gKEa2bQxkWTlzbr2HDYeDhid3295&index=5

(4) Plus d'information sur la réception de l'Amour Divine sur http://www.uniondivine.info/pages/le-chemin-de-l-amour-divin/27636336.html